27/11/2012

Fredy Hirsch - Aachen - Terezin - Birkenau

http://c3.ort.org.il

 

Né à Aachen, en Allemagne, en 1916, Fredy (Alfred) Hirsch était membre du mouvement de jeunesse Maccabi. Suite à la promulgation des lois raciales, il déménagea à Prague où il devint un professeur de sport admiré.

Freddy fut dans l’un des premiers convois au ghetto de Terezin en hiver 1941. Il y devint directeur du département jeunesse, dévouant tout son temps aux enfants incarcérés dans le ghetto.

Lors de l’été 1943, environ 1200 enfants arrivèrent à Terezin du Ghetto de Bialystok. Selon les ordres des SS, les enfants furent isolés et interdits de recevoir des visiteurs. Fredy viola cet ordre et fut arrêté et déporté en septembre 1943 à Birkenau avec 5000 hommes, femmes et enfants. A l’arrivée, le convoi entier fut immédiatement  placé dans le « camp familial ». Cette zone provisoire du camp, dans lequel furent emprisonnés 17 000 prisonniers de Terezin déportés en septembre et décembre 1943 et en mai 1944, aurait été crée par les Allemands en prévision de la visite de la Croix Rouge.

Fredy comprit immédiatement le besoin urgent d’occuper ces enfants pendant la journée et – déclarant qu’ils nuisaient au travail des adulteset à la discipline dans le camp – parvint à persuader Dr Joseph Mengele de demander au commandant du camp de leur permettre d’utiliser une des baraques, le bloc 31, comme lieu de réunion pour les enfants les plus âgés. Le bloc 31 avait une vue dégagée sur les cheminées du  crématorium. Malgré ces conditions impossibles, Fredy s’occupa de la nourriture, du chauffage et des activités sociales pour environ 500 enfants, âgés entre 8 et 14 ans.

Ils étaient encadrés et soutenus par une équipe de jeunes animateurs sélectionnés, déterminée à maintenir la santé physique et mentale des enfants par une série d’activités.

Chaque jour, les enfants étaient occupés à faire de l’exercice, à se  laver et à vérifier s’ils avaient des poux. 

Les conditions de vie des enfants étaient améliorées : soupe plus épaisse que celle des autres prisonniers ; rations supplémentaires, propreté... Ces conditions ont permis d’assurer un taux de mortalité pour  « raisons naturelles » avoisinant, pour les enfants, 0% alors qu’il était d’environ 22% dans le camp familial.  

Bien que formellement interdit par les allemands, les animateurs organisèrent également des activités éducatives, dont des jeux, des histoires et des pièces de théâtre. Ils installèrent une petite librairie et inventèrent des jeux pour aider les enfants à se familiariser avec des figures historiques, à améliorer leur mémoire et à maintenir leur intérêt. Les enfants étaient également amenés à l’extérieur pour des jeux et des « chasses au trésor ». Les chants en groupe étaient particulièrement appréciés et surtout la chanson française  Alouette. Sur la requête de Freddy, les baraques sans fenêtre furent décorées de peintures d’esquimaux, d’indiens, d’africains, de campagne et de personnages de dessins animés favoris sur les murs.

«Les enfants aimaient être dans le bloc », dit Bondy, arrivée à Birkenau de Terezin en décembre 1943. « Les animateurs ne se sont jamais demandés pourquoi ils devaient enseigner aux enfants l’alphabet, la géographie, les règles de la grammaire tchèque ou de la gravité terrestre, alors que la mort était à leur porte. 

L’éducation était importante parce que leurs étudiants en avaient besoin. Mais aussi parce que c’était un moyen d’oublier…  Le bloc avait également d’autres avantages : une baraque chaude, loin des kapos abusifs ; la proximité de l’amitié ; la permission de `défiler` sans se tenir debout sous la pluie et le givre ; et différents petits délices – la chance de réparer les vêtements déchirés, des discussions amicales, et un sentiment d’abri et de refuge. » Un petit coin du bloc était également utilisé comme lieu de réunion pour la résistance du ghetto. Le grand moment de leur semaine était le soir de shabbat, lorsque les enfants et les animateurs présentaient des pièces de théâtre.

La plus mémorable fut celle de Noël 1943 : la représentation de « Blanche Neige et les sept nains », pour laquelle les enfants répétèrent plusieurs semaines, créant les textes, les chansons, les décors et les costumes. Ils jouèrent la pièce devant un large public, incluant même des gardes SS. 

Dans son article paru dans les Etudes de Yad Vashem vol.24, Shimon Adler décrit la vie quotidienne au bloc 31 comme « une île de stabilité dans une mer de souffrances et de terreur que les enfants devaient endurer…. » 

Pourtant l’existence du bloc 31 ne fut pas suffisante pour assurer la survie des enfants. Le 8 mars 1944, les enfants, la plupart des membres de leurs familles et les animateurs du convoi de septembre – dont Fredy – furent assassinés dans les chambres à gaz d‘Auschwitz-Birkenau.

Dans leurs mémoires, les quelques survivants du camp familial ont rappelé à de nombreuses reprises l’importance de l’amitié, de l’assistance mutuelle, du dévouement– et l’image de Fredy Hirsch.

« Toutes ces qualités », écrit Bondy, « les ont aidés à tenir bon… et après la guerre à retourner à leurs études, à trouver un emploi et à construire des familles – et à ne pas perdre leur foi en l’humanité. »

Source : http://www1.yadvashem.org

Les commentaires sont fermés.