24/11/2012

les rôles de Terezin

Le ghetto de Terezin accomplit simultanément plusieurs fonctions :

  • lieu de transit avant le transfert vers un camp d’extermination, tel que Auschwitz ; 
  • lieu de décimation : les conditions de vie y sont insupportables, les personnes affaiblies, malades, jeunes et âgées meurent suite aux privations et aux mauvais traitements;
  • outil de propagande : durant l’année 1942, le Conseil juif de Terezin soumet aux nazis le projet de Département de l’organisation des loisirs, divisé en plusieurs sections: musique, théâtre, conférences, activités sportives, etc. Ces activités, plus ou moins tolérées au départ, sont soutenues et utilisées pour servir la propagande nazie. La riche vie culturelle du ghetto devient vite un des piliers de la politique de mystification mise en place par les SS, qui se servent des réalisations artistiques pour donner au monde l’illusion d’un Paradeisghetto. Même la Croix-Rouge se laissera leurrer par les nazis et leur fausse représentation du « ghetto-modèle », en réalité une maquette factice qui joue le rôle d’écran censé combattre, selon Eichmann, la propagande alliée relative aux crimes du Reich hitlérien.

 

Le ghetto de Terezin appartient à l’appareil génocidaire ; sa formation est liée aux déportations vers l’Est, ainsi que son bilan humain. Sur les 139.654 Juifs enfermés à Terezin (dont 10.500 enfants), originaires de Bohême, de Moravie, de Slovaquie,  d’Allemagne, d’Autriche, du Danemark, des Pays-Bas, de Hongrie, 33.430 y meurent et 86.934 sont déportés vers l’Est, où plus de 83.500 d’entre eux trouvent la mort. Moins de 200 enfants ont survécu.

 

Afin de protéger les enfants, le plus possible, des effets de la vie du camp, les adultes décident que ceux-ci doivent vivre ensemble, à l’écart des grandes casernes insalubres. C’est pourquoi tous les enfants, à l’exception des enfants en bas âge, sont transférés, à partir de l’été 1942, et en fonction de leur sexe, dans un foyer pour enfants, où ils ont des dortoirs communs et des possibilités de jeu. Pour beaucoup d’enfants, le ghetto est un choc. La séparation de leurs parents, l’effroyable expérience de la déportation dans le ghetto et les conditions d’existence qu’ils y trouvent causent des perturbations chez beaucoup d’enfants : ils se replient totalement sur eux-mêmes, deviennent hyperactifs, agités. Pour survivre, ils doivent, tout d’abord, réapprendre le jeu. L’action éducative mise en place par les adultes revêt trois grandes caractéristiques : la continuation de l’enseignement commencé par les associations juives dans leProtektorat, la mobilisation de tous les moyens pour assurer l’avenir des enfants et, enfin, une présentation positive du judaïsme, malgré la présence nazie. Les Allemands admettent les cours de dessin et de chant, mais pas la littérature, l’histoire ou les sciences, jugeant ces matières, sans doute, trop dangereuses.
 

cidoc.b

14:59 Publié dans Blog, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.